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Alors qui a été tué? Résumé Il est le frère de "l'Arabe" tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du XXesiècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun, qui depuis l'enfance a vécu dans l'ombre et le souvenir de l'absent, ne se résigne pas à laisser celui-ci dans l'anonymat : il redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage trop ensoleillée. Haroun est un vieil homme tourmenté par la frustration.

Nom: kamel daoud meursault contre enquete pdf gratuitement
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Avec une certaine confusion, délibérée, entre l'écrivain et le narrateur. Remonter ainsi le fil, donner chair au mort, conter son passé, sa trajectoire, en somme lui rendre son humanité.

J'insiste car, sinon, il vaut mieux se séparer ici. Tu emportes ton livre, et moi le cadavre. Le dernier de la liste? J'aime parfois répéter ce prénom pour qu'il ne disparaisse pas dans les alphabets. J'insiste sur ça et je veux que tu l'écrives en gros. On était Moussa pour les siens, dans son quartier, mais il suffisait de faire quelques mètres dans la ville des Français, il suffisait du seul regard de l'un d'entre eux pour tout perdre, à commencer par son prénom.

Pour survivre. Ainsi Haroun va se venger pour apaiser sa mère, et reflet inversé du meurtre de Meursault. On croit que le récit va continuer ainsi, sauf qu'il va se recentrer sur le narrateur et sa condition en Algérie.

Désabusé par la société dans laquelle il vit et le poids de la religion, il n'aura pas de mots assez durs pour la conter, avec un style insolent et mordant.

A la fin, de l'ouvrage ce sont des passages entiers de L'Etranger qui sont repris. Donc, ce jour-là, rien de particulier. Une journée de routine, en somme, cris des femmes, linge sur les terrasses, vendeurs ambulants.

Une tension de harem si je puis dire. Comme une sourde lutte entre un parfum étranger et une odeur de cuisine trop familière. Or, entre notre monde et celui des roumis, en bas, dans les quartiers français, traînaient parfois des Algériennes portant des jupes et aux seins durs, des sortes de Marie-Fatma inquiètes, que nous, gamins, nous traitions de putes et lapidions avec les yeux.

Ces femmes provoquaient souvent des amours violentes et des rivalités haineuses. Défendre les femmes et leurs cuisses! Je le savais pourtant! Je le sentais. Je recomposais tout. Oh, je ne sais plus, son bleu de chauffe, ses espadrilles, sa barbe de prophète et ses grandes mains qui essayaient de retenir le fantôme de mon père, et son histoire de femme sans nom et sans honneur.

La femme mystérieuse!

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Un signe? Peut-être que mon frère avait aussi cette phrase tatouée quelque part sur son corps, je ne sais plus. Je me suis retourné, la femme avait disparu. Et nous sommes partis. Je me souviens de la route vers Hadjout, bordée de récoltes qui ne nous étaient pas destinées, du soleil nu, des voyageurs dans le car poussiéreux.

Bonne question. Peut-être pour me punir. Note cette phrase, elle est belle, je crois, ha, ha!

La mer est en bas, lointaine, écrasée au pied des gros blocs du port. Je suis content, vois-tu. Je me souviens à peine du nom de notre rue à Alger, et seulement du quartier de Bab-el-Oued, de son marché et de son cimetière. Le reste a disparu. Alger me fait encore peur. Il faisait chaud, je me sentais ridicule dans mon costume de ville et tout allait trop vite, comme un vertige, pour mes sens de villageois habitué au cycle lent des récoltes et des arbres.

La raison? Évidente mon jeune ami. Moi aussi sans doute. Un cri qui détruisit nos meubles, fit exploser nos murs, puis tout le quartier, et me laissa seul. Je me souviens que je me suis mis à pleurer, sans raison, seulement parce que tout le monde me regardait. Curieux non? La nuit fut longue, personne ne dormit. Les adultes me parlaient avec gravité. Puis rien.

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Hors des livres qui racontent, point de salut, que des bulles de savon qui éclatent. Je rentre.

Et toi? Mais il a une tout autre histoire, lui. Il est plus âgé, moitié veuf ou moitié marié sûrement. Regarde sa peau, on dirait un parchemin. Je le connais.

Je tiens à distance les gens tristes. Les deux autres derrière moi? Même profil. Les bars encore ouverts dans ce pays sont des aquariums où nagent des poissons alourdis raclant les fonds. On vient ici quand on veut échapper à son âge, son dieu ou sa femme, je crois, mais dans le désordre.

Et quand on aura atteint le dernier bar, il faudra jouer des coudes, on sera nombreux, vieux. Un vrai Jugement dernier que ce moment. Le Titanic. Va savoir. On va juste regarder tous les autres Moussa de ce bouge, un par un, et imaginer, comme je le fais souvent, comment ils auraient survécu à une balle tirée sous le soleil ou comment ils ont fait pour ne jamais croiser ton écrivain ou, enfin, comment ils ont fait pour ne pas être encore morts. Ils sont des milliers, crois-moi.

À déambuler sur des plages, à enterrer des mères mortes et à regarder dehors pendant des heures depuis leur balcon. On a fini, tous deux, par enterrer Moussa, réellement. Il vient presque tous les jours ici. Autant de fois que moi. Ils attendent simplement, tournés vers celui qui vit, sans mots, sans mouvements, le regard patient, les yeux fixés sur une date. Ma grand-mère est morte du typhus, cet épisode a suffi à fabriquer un calendrier.

Tu veux la vérité? Elle habite une maison sous le ciel où rôdent un mort et un citronnier. Elle passe la journée à en balayer chaque recoin.

Elle efface des traces. De qui, de quoi? Nous avons mis, ma mère et moi, le plus de distance possible entre nous et le bruit des vagues. Reprenons la chronologie.

Le patron était un Alsacien obèse qui a fini étouffé dans ses propres graisses, je crois. La vie dans les campagnes était dure, révélant ce que les villes cachaient, à savoir que ce pays crevait de faim.

Des nuits de veille et de vigilance, collé à son flanc. Étrangement, nous avons gravité dans les parages de Hadjout pendant des années avant de trouver des murs solides. Elle est composée de trois pièces dont les murs sont couverts de papier peint ; dans la cour, un citronnier nain fixe le ciel. Eh oui! La faim. Je ne veux pas jouer la victime, mais la dizaine de mètres qui séparait notre taudis de la maison du colon nous a coûté des années de marche entravée, alourdie, comme dans un cauchemar, de boue et de sables mouvants.

Oui, oui, on a fait comme tout le monde, dès les premiers jours de liberté, on a fracassé la porte, pris la vaisselle et les chandeliers. Je me perds un peu. Après, il ne se passe rien.

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Le village est devenu plus gros, moins ordonné. Les cyprès y ont disparu, et les collines aussi, sous la prolifération des villas inachevées. Où se trouve la tombe de la mère de ton héros?

Personne, me semble-t-il. Est-ce que ton héros a menti sur ses propres origines? Je crois que oui. Cela expliquerait son indifférence légendaire et sa froideur impossible dans un pays inondé de soleil et de figuiers.

On dirait une reconstruction faite main, pas une confidence. Un alibi trop parfait, pas un souvenir. Une fosse que je creuse sans cesse. Mon dieu, comme je me sens mal!

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Je te regarde et je me demande si tu es digne de confiance. Croiras-tu à cette autre version des faits, complètement inédite? Non, bon, pas maintenant, on verra plus tard, un jour peut-être. Où aller quand on est déjà mort? Je crois que tu veux des faits, pas des parenthèses, non? Sa féminité était morte et avec elle le soupçon des hommes.

Je vécus une liberté absolue, laquelle dura exactement quarante jours. Peine perdue. Moussa avait disparu, mort absolument et avec une perfection incompréhensible. Dans cet endroit de sable et de sel, ils avaient été deux, lui et le tueur, deux uniquement.

Du meurtrier, nous ne savions rien. On ne lui trouva rien de particulier sauf sa cigarette coincée entre les lèvres et on oublia aussitôt ses traits pour les confondre avec ceux de tous les siens.

En vain. Moussa avait été déclaré mort et emporté par les eaux après le délai religieux de quarante jours. Moussa est mort depuis des semaines. À chaque voix correspondent, dans ma tête, une femme, un âge, un souci, une humeur, et même le type de linge qui sera étendu ce jour-là.

On frappe à notre porte. Le tout dure jusque vers midi. Et je laisse faire. Ma mère devint féroce en un sens. Un univers sombre et tiède où prénoms et présages étaient chuchotés. Elle prit goût à son martyre. Bien sûr. Chez nous, la mère est la moitié du monde. Mais je ne lui ai jamais pardonné sa façon de me traiter. Oui, la langue. Il me fallait apprendre une autre langue que celle-ci.

Pour survivre.

Et ce fut celle que je parle en ce moment. À partir de mes quinze ans présumés, date à laquelle nous nous sommes repliés vers Hadjout, je suis devenu un écolier grave et sérieux.

La nuit tombe et il ne nous reste que quelques heures avant que le bar ne ferme. Le temps presse. Ce furent des années étranges. Je me dis que nous avons dû offrir un étrange spectacle à notre arrivée à Hadjout : une mère cachant entre ses seins deux morceaux de journal soigneusement pliés, un adolescent à la tête baissée sur ses pieds nus et quelques bagages de gueux. On était dans les années , et les Françaises, dans leurs robes courtes et fleuries, avaient des seins que mordait le soleil.

Te raconter un peu Hadjout?

Meursault, contre-enquête Kamel Daoud

Elle ne dit plus rien. Je déteste ce mot, on y entend le vacarme de ses définitions multiples. Un souffle rauque traverse ma mémoire chaque fois que le monde se tait.

Tu veux un autre verre ou tu veux partir?